La zone de Ouallam est une zone de pauvreté structurelle qui subit chaque année un déficit de production agricole. En effet, le Niger fait face à des épisodes de crises alimentaires de plus en plus rapprochés qui ne permettent pas aux populations les plus pauvres d’avoir la capacité de se relever entre deux crises, ce qui contribue à une dégradation progressive de leurs moyens d’existence. Selon l’analyse de la campagne agricole 2013-14, 1 133 028 personnes au Niger ont été à ce jour déclarées en insécurité alimentaire, dont 533 633 ayant un besoin urgent de soutien. La zone de Ouallam est particulièrement touchée.
Oxfam a souhaité avoir plus d’informations sur le fonctionnement des marchés des denrées de base – spécifiquement, le mil et le mais – en période de soudure dans cette même zone. La méthodologie PCMMA propose de sélectionner des marchés cruciaux sur lesquels l’enquête se portera et d’étudier le fonctionnement de ces marchés cruciaux en situation de référence et situation d’urgence. La situation de référence utilisée dans cette enquête a été une soudure normale et la situation d’urgence une période de soudure mauvaise. Le déficit alimentaire de la population cible est étudié afin d’analyser les capacités du marché à couvrir ce déficit en cas d’intervention.
Le mil est très demandé toute l’année, et en bonne année le Niger en produit assez pour nourrir une partie de la population. Le reste vient essentiellement du Nigeria, du Bénin et du Mali. Les ménages qui n’ont pas produit mais qui ont les moyens d’acheter du mil viennent alors gonfler la demande en mauvaise soudure. On constate par conséquent que le nombre de commerçants augmente en mauvaise soudure car certains viennent de l’extérieur pour profiter de l’augmentation de la demande à laquelle les commerçants locaux ne peuvent répondre. En cas de bonne récolte, les banques céréalières achètent des stocks aux producteurs locaux.